La Passem et Ligams

LA PASSEM ! en quelques mots…

Son nom a été choisi pour sa double signification :

  • passons, courons à travers le territoire où la Lenga Nosta* (notre langue) est parlée,
  • passons le témoin, transmettons la langue.

Elle se veut avant tout et à la fois :

  • un symbole : l’urgence et la nécessité de la transmission de la langue,
  • un outil : pour financer des initiatives en faveur de la langue,
  • un échange : pour communiquer et partager,
  • une rencontre : pour une fête autour de la langue.

LA PASSEM ! mode d’emploi

La première édition, qui s’est tenue en mai 2018, du vendredi 25 à 14 h jusqu’au dimanche 27 même heure, a parcouru 400 km à travers le Béarn et le Bas-Adour, pendant 3 jours et 2 nuits sans interruption.

L’évènement aura ensuite lieu en mai, une fois tous les deux ans, c’est-à-dire les années paires. Nous prévoyons un parcours ainsi que des villes de départ et d’arrivée différents à chaque édition.

Durant la course, un témoin symbolisant la Lenga Nosta est transmis de main en main à chaque kilomètre. Il contient un message tenu secret jusqu’à l’arrivée.

LA PASSEM ! : événement solidaire, sportif, culturel, populaire, festif, engagé…

LA PASSEM ! accueille les personnes d’ici et d’ailleurs, locuteurs ou non, sensibles à la richesse de la langue.

On peut y courir en famille, entre amis ou collègues, déguisé, en musique, suivre la course à pieds ou en rollers, en poussette ou à vélo… créer de l’animation ou profiter des festivités locales, concerts, théâtre, stands, petits déjeuners… organisés tout au long de la course. L’essentiel est de participer, d’être vu, de s’amuser et c’est aussi l’occasion d’entendre, de faire entendre et d’utiliser la langue, de se la réapproprier, ne serait-ce pour dire un « Adishatz » ou un « Hilh de … » !

Dans chaque ville ou village traversé, spontanément, associations sportives ou culturelles, groupes de musiciens ou chanteurs, élus locaux, se mobilisent afin d’organiser une fête ou un rendez-vous culturel. Chacun est invité à être partie prenante de l’événement et, ainsi, à affirmer son attachement à notre langue et à notre culture. Rejoignez-nous !

Nos références ailleurs

Au Pays Basque voisin, la Korrika existe depuis 40 ans, des centaines de milliers de personnes y participent. Les organisateurs nous ont apporté leur soutien et leur expérience pour le lancement de notre course.

Bretons, Irlandais, Gallois, Catalans, Galiciens… courent aussi pour défendre leur langue ! Aujourd’hui nous prenons le relais et entrons dans la course .

Qu’est-ce que Ligams ?

Ligams  (=liens) est l’association organisatrice de LA PASSEM !

La genèse et les adhérents

Ligams est une association créée en novembre 2016 dans le but de créer du lien entre tous les acteurs du Béarn, de la Bigorre, des Landes et du Bas-Adour qui œuvrent pour la Lenga Nosta.

Cette création est le fruit d’une réflexion collective de personnes d’âges différents et d’horizons divers, toutes actrices de cette transmission.

Cette jeune association est un creuset prêt à accueillir plus de membres, des idées nouvelles, des propositions pour dynamiser la diffusion de la langue avec un esprit d’ouverture sur les autres et sur le monde.

Notre projet

Diverses actions servent déjà la langue, dans les domaines de l’enseignement, du chant, de la danse, de la musique, de la littérature, des médias, du sport, de l’économie ou encore de la politique.

Un manque est souvent ressenti : celui du liant, du lien.

Ligams veut aider à créer ce lien en organisant un événement d’envergure qui permette de rendre visible l’objectif commun : Faire vivre la Lenga Nosta.

Ce sera une course relais à travers tout notre territoire.

Nous avons nommé cette course LA PASSEM !

La Lenga Nosta

*Lenga Nosta (notre langue) : selon les personnes et les lieux on l’appelle Gascon, Occitan, Béarnais, Bigourdan… Qu’importe!

Elle est un vecteur d’identité. La Lenga Nosta est la langue de notre territoire. La connaissance de ses racines permet à chacun de mieux se situer dans notre société mondialisée. Elle est aussi un tremplin vers les autres et vers le monde.

La langue est la pierre angulaire de la culture et du patrimoine, elle est une richesse pédagogique, une valeur sociale, un lien entre les générations, un plus pour l’économie locale.

La diversité est une richesse! Soutenir une langue c’est agir en faveur de l’ensemble des langues, en faveur de la culture universelle dans sa diversité.

La situation de la Lenga Nosta

Elle est parlée sur la plus grande partie du sud de la France, mais également en dehors du territoire français. En Espagne, dans le Val d’Aran, elle est langue co-officielle avec le catalan et l’espagnol. En Italie, dans une douzaine de vallées alpines, elle est reconnue comme langue historique par la République italienne et un statut juridique définit son utilisation dans l’enseignement, la vie publique et les médias.

Elle est caractérisée par sa diversité linguistique et par l’intercompréhension entre ses différents parlers : béarnais, bigourdan, gascon, languedocien, provençal, limousin, auvergnat et vivaro-alpin.

L’enquête sociolinguistique de 2008, faisait état dans les Pyrénées-Atlantiques, de près de 12% de locuteurs actifs en Béarn et Bas-Adour.

Près de la moitié de la population possède des compétences passives, c’est à dire qu’elle comprend la langue.

Soutien de la population

72% de la population française est favorable à la reconnaissance officielle des langues régionales et 82% des Aquitains sont favorables à des actions publiques pour le développement de la Lenga Nosta.

Une politique linguistique est menée de concert depuis 2008 par le Conseil régional Nouvelle-Aquitaine, et le Département des Pyrénées-Atlantiques (qui avait lancé sa politique linguistique Iniciativa dès 2005).

Le Béarn, la Bigorre et le Bas-Adour constituent un territoire où l’enseignement de la Lenga Nosta est fort : 12 écoles Calandreta, 33 écoles bilingues, 45 écoles avec enseignement renforcé, 1 collège Calandreta, 6 collèges bilingues en 2020.

Cependant, les sociolinguistes estiment que pour qu’une langue vive il est nécessaire qu’un tiers de la population au moins, par génération, la parle.

La transmission familiale étant majoritairement rompue depuis plusieurs dizaines d’années, l’urgence est de poursuivre le développement de son enseignement pour la transmettre avec l’énergie de chacun et le soutien des pouvoirs publics.